mercredi 18 juillet 2018

A notre Père Saint Joseph

Écrit sur la mélodie du cantique "Nous voulons Dieu", ce petit poème chante les grandeurs de Saint Joseph, père et protecteur de l'ordre du carmel. Si ce grand saint vécu sur la terre dans la pauvreté, rien n'égala son bonheur puisqu'il fut constamment en la compagnie de Jésus et de Marie, trésors plus précieux que tous les biens de la terre. Aussi, qu'elle n'était pas sa joie lorsqu'il pressait sur son cœur le Fils de Dieu, tout en contemplant son inénarrable beauté... Prenant ensuite comme modèle sa vie humble et retirée, Thérèse se l'applique à elle-même et à son ordre, dont la seule occupation doit être de servir Jésus et Marie dans la solitude et de les imiter. Puis, s'appuyant sur l'autorité de Sainte Thérèse d'Avila, elle rappelle que ce n'est jamais en vain qu'on met en lui son appui, sa bonté paternelle exauçant toujours les prières qu'on lui adresse. Les couplets s'achèvent enfin sur la douce espérance d'aller voir un jour ce grand saint dans le paradis, avec notre Mère chérie, la Reine des cieux.

Version chantée de cette poésie avec paroles affichées sur l'image :

 



Version musicale avec les paroles pour accompagner les chanteurs :

 



Paroles intégrales de la poésie :

 

Un vers en gras est un vers modifié par moi-même
afin de lui donner un sens général et non plus lié seulement au Carmel
(l'original est ensuite placé entre crochets).

1
Joseph, votre admirable vie
S'est passée dans la pauvreté,
Mais, de Jésus et de Marie
Vous contempliez la beauté.

REFRAIN :
Joseph, ô tendre Père,
Par votre cœur paternel,
[Protégez le Carmel !]
A vos enfants sur cette terre,
[Que vos enfants sur cette terre]
Faites goûter la paix du Ciel !
[Goûtent toujours la paix du Ciel !]
(reprise des deux derniers vers)

2
Le Fils de Dieu, dans son enfance,
Plus d'une fois avec bonheur,
Soumis à votre obéissance
S'est reposé sur votre cœur.

3
Comme vous dans la solitude
Nous servons Marie et Jésus ;
Leur plaire est notre seule étude,
Nous ne désirons rien de plus...

4
Sainte Thérèse, sur la terre,
[Sainte Thérèse notre Mère]
Vous invoquait avec amour :
Elle assure que sa prière
Vous l'avez exaucée toujours.

5
Après l'exil de cette vie,
Nous en avons le doux espoir,
Avec notre Mère chérie,
Saint Joseph, nous irons vous voir.

REFRAIN FINAL :
Joseph, ô tendre Père,
[Bénissez, tendre Père,]
Par votre cœur paternel,
[Notre petit Carmel ;]
Après l'exil de cette terre,
Réunissez-nous dans le Ciel !
(reprise des deux derniers vers)


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dimanche 3 juin 2018

La Rosée Divine, ou le Lait Virginal de Marie

Ce poème fut le premier que Sainte Thérèse écrivit, sur la demande de Sœur Thérèse de Sainte-Augustin; et comme elle se sentait impuissante à cette tâche, elle en remit la réussite au bon plaisir de Dieu, qui visiblement agréa sa demande faite dans un tel esprit d'abandon, comme on peut le constater en admirant le charme poétique de ces strophes. Celles-ci peuvent se découper en trois parties, toutes ayant trait au lait virginal de Marie. La première, plus développée, retrace le premier allaitement de l'Enfant-Dieu. Thérèse compare donc cet Enfant à une fleur qui commence d'éclore; et de même que celle-ci attend du ciel la rosée matinale pour s'ouvrir sous la chaleur des premiers rayons du soleil, ainsi le petit Jésus tire du sein très pur de Marie le lait dont il a besoin pour se nourrir. La seconde partie nous transporte au calvaire où nous voyons le Sauveur répandant son Sang divin, ce Sang sacré qui fut alimenté autrefois par le lait de la Vierge Mère. Et c'est encore ce même lait que la dernière partie nous fait entrevoir dans la petite Hostie, que les Anges contemplent et qui fait la nourriture des vrais enfants de Dieu.

Version chantée de cette poésie avec paroles affichées sur l'image :

 



Version musicale avec les paroles pour accompagner les chanteurs :

 



Paroles intégrales de la poésie :

 

Un vers souligné est un vers modifié par Mère Agnès de Jésus,
utilisé de préférence à l'original de Thérèse (placé ensuite entre crochets)
pour une meilleure adaptation au rythme de la mélodie (temps forts, notes longues...).

1
Mon Doux Jésus, sur le sein de ta Mère
Tu m'apparais, tout rayonnant d'Amour.
L'Amour, voilà l'ineffable mystère
Qui t'exila du Céleste Séjour...
Ah ! laisse-moi me cacher sous le voile
Qui te dérobe à tout regard mortel,
Et près de toi, ô Matinale Etoile !
Mon âme trouve un avant-goût du Ciel.
[Je trouverai un avant-goût du Ciel].

2
Dès le réveil d'une nouvelle aurore,
Quand du soleil on voit les premiers feux,
La tendre fleur qui commence d'éclore
Attend d'en haut un baume précieux :
C'est du matin la rosée bienfaisante,
Toute remplie d'une douce fraîcheur,
Qui, produisant une sève abondante,
Du frais bouton fait entrouvrir la fleur.

3
C'est toi, Jésus, la Fleur à peine éclose,
Je te contemple à ton premier réveil ;
C'est toi, Jésus, la ravissante Rose,
Le frais bouton, gracieux et vermeil.
Les bras si purs de ta Mère chérie
Forment pour toi berceau, trône royal.
Ton doux soleil, c'est le sein de Marie,
Et ta Rosée, c'est le Lait Virginal !...

4
Mon Bien-Aimé, mon divin petit Frère,
Dans ton regard je vois tout l'avenir :
Bientôt pour moi tu quitteras ta Mère ;
Déjà l'Amour te presse de souffrir !
Mais sur la croix, ô Fleur Epanouie !
Je reconnais ton parfum matinal ;
Je reconnais la Rosée de Marie :
Ton sang divin, c'est le Lait Virginal !...

5
Cette Rosée se cache au sanctuaire,
L'ange des Cieux la contemple ravi ;
Offrant à Dieu sa sublime prière,
Comme Saint Jean, il redit : « Le Voici ! »
Oui, le voici, ce Verbe fait Hostie,
Prêtre éternel, Agneau sacerdotal !
Le Fils de Dieu, c'est le Fils de Marie...
Le Pain de l'Ange est le Lait Virginal !

6
Le séraphin se nourrit de la gloire,
Au Paradis son bonheur est parfait ;
Moi, faible enfant, je ne vois au ciboire
Que la couleur, la figure du Lait.
Mais c'est le Lait qui convient à l'enfance,
Et de Jésus l'Amour est sans égal...
O tendre Amour ! Insondable puissance !
Ma blanche Hostie, c'est le Lait Virginal !...


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mardi 8 mai 2018

Une rose effeuillée

Dans cette poésie, Thérèse s'imagine être présente lorsque Jésus, quittant les bras de Marie, va poser pour la première fois ses petits pieds sur la terre, essayant ses premiers pas. Par une délicate attention, elle se voit effeuiller en ce moment une rose sous les pieds du petit Jésus pour que ceux-ci se reposent bien doucement sur ses fraiches pétales. Partant de cette image, elle compare ensuite la rose effeuillée au cœur qui, chaque jour, s'immole pour la gloire du divin Maître, ne se recherchant jamais mais s'abandonnant totalement à lui, tel les pétales éparses de la rose s'étalant sans art au sol, au gré du vent. Enfin, de même que l'on marche sans regret sur ces débris de feuilles, ainsi elle-même doit disparaitre aux yeux du monde, comme une rose à jamais flétrie pour la terre, mais ô combien belle et gracieuse pour son Bien-Aimé à qui elle a prodigué sa vie... mais qui la lui rendra si bien!

Version chantée de cette poésie avec paroles affichées sur l'image :

 



Note: il est possible d'écouter ici une autre version chantée sur un accompagnement au piano seul.


Version musicale avec les paroles pour accompagner les chanteurs :

 



Paroles intégrales de la poésie :

 

1
Jésus, quand je te vois soutenu par ta Mère
Quitter ses bras,
Essayer en tremblant sur notre triste terre
Tes premiers pas,
Devant toi je voudrais effeuiller une rose
En sa fraîcheur,
Pour que ton petit pied bien doucement repose
Sur une fleur !...

2
Cette rose effeuillée, c’est la fidèle image
Divin Enfant,
Du cœur qui veut pour toi s’immoler sans partage
À chaque instant.
Seigneur, sur tes autels plus d’une fraîche rose
Aime à briller,
Elle se donne à toi... mais je rêve autre chose :
« C’est m’effeuiller !... »

3
La rose en son éclat peut embellir ta fête,
Aimable Enfant,
Mais la rose effeuillée, simplement on la jette
Au gré du vent.
Une rose effeuillée sans recherche se donne
Pour n’être plus.
Comme elle avec bonheur à toi je m’abandonne
Petit Jésus.

4
L’on marche sans regret sur des feuilles de rose,
Et ces débris
Sont un simple ornement que sans art on dispose,
Je l’ai compris.
Jésus, pour ton amour j’ai prodigué ma vie,
Mon avenir.
Aux regards des mortels, rose à jamais flétrie,
Je dois mourir !...

5
Pour toi, je dois mourir, Enfant, Beauté Suprême,
Quel heureux sort !
Je veux en m’effeuillant te prouver que je t’aime,
Ô mon Trésor !...
Sous tes pas enfantins, je veux avec mystère
Vivre ici-bas,
Et je voudrais encor adoucir au Calvaire
Tes derniers pas !...


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